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CHRONIQUE : NAVIGATION A VUE

Par Jean Christian AKAM
E-mail : akamjean2000@yahoo.fr

La situation des jeunes élèves de nos établissements scolaires suscite un goût amer, à beaucoup de protagonistes de la communauté éducative nationale. Avant de pouvoir mesurer les effets collatéraux de la décision ministérielle d’interdire puis d’autoriser à nouveau les candidats aux différents examens, à composer sur présentation du récépissé, il appartient à chaque citoyen camerounais d’opérer une lecture froide de ce qu’il n’est pas exagéré de qualifier de cacophonie managériale.
Il est des événements, des circonstances qui peuvent servir d’exemple ou de contre exemple : c’est selon. Lorsqu’on parle de navigation à vue, cela suppose au dire du dictionnaire, voyager sur l’eau ou dans les airs. On parle parfois de faire suivre à un navire, ou à un avion, une route déterminée. Dans un cas comme dans l’autre, le point de départ est connu à l’avance, tout aussi clairement que le point d’arrivée. Pour ce qui est du parcours à emprunter, pas d’inquiétude à se faire. La durée du trajet, les éventuelles escales, même les potentiels écueils et certains imprévus sont prémédités, les premières approches de solutions amorcées, le tout, dans un sublime élan d’harmonie, propre à conforter à la fois : voyageurs, hôtesses, le commandant de bord y compris.
L’évolution technologique aidant, la navigation s’est trouvée comme par enchantement, une explication avec l’outil informatique. D’où l’apparition de nouveaux termes tels que naviguer sur le web, surfer, avec toute la lexicologie dont il n’est pas aisé de feuilleter toutes les pages. Comme pour la première explication, le hasard n’a pas sa place, l’improvisation encore moins. Tout au contraire, il est question de la mise à exécution d’une certaine vision ou… d’une vision certaine.
Vision : encore une épice dans notre sauce managériale, une de plus mais pas de trop. Une vision est une image de l’avenir que vous chercher à créer. Bien que inscrite dans un avenir plus ou moins proche, elle est décrite au présent, un peu comme si elle se produisait maintenant. D’où l’expression<> pour montrer non seulement où vous voulez aller, mais aussi à quoi ressemblera une fois que vous y serrez. Le mot vision est une dérivée de vidéré en latin, c’est dire voir. Pour que l’image puisse mieux s’imposer à tous, il faudrait qu’elle soit substantiellement détaillée et enrichie. Elle acquiert par ce fait, un caractère pour le moins visuel. Dès lors, toute organisation respectable requiert une nature concrète, immédiate, avec des formes et des contours bien définis, connus et partagés.
Après la vision, suit naturellement la planification. Elle peut être comprise quant à elle, comme un processus continu de post-vision. Son objectif étant à terme, de parvenir à une gestion sur la durée, des ressources afin d’atteindre si possible les sommités de l’efficacité. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces explications bien qu’opportune. Il conviendrait néanmoins de rappeler que toute planification se fonde sur des activités à mener, en passant par l’identification de ressources afin de réaliser les résultats préalablement définis par la vision collective si nous sommes dans le cadre d’une organisation. Evidemment on ne laisserait jamais de côté les indicateurs de performances.
Sur la base tous ces éléments à savoir vision et planification, il y a beaucoup de risques à penser que le sujet des récépissés encore détenus- non seulement jusqu’à présent par de milliers de candidats aux examens, mais encore pour les années à venir- il y a fort à craindre disais-je, que cette question n’a pas été détectée à temps, analysée en profondeur et résolue de manière acceptable par la mémoire collective. Moins d’un moins avant le lancement des examens de fin d’année, le chrono de la presse officielle, informait les candidats aux différents examens que le récépissé ne sera pas admis comme pièce d’identification pour l’entrée en salle. Les parents et les élèves supputaient encore sur la nouvelle, que de malheureux candidats au baccalauréat technique faisaient les frais de cette mesure soudaine : un vrai coût de tonnerre dans les familles ! Le vin était tiré, il fallait le boire. A Ebolowa, capitale provinciale du sud, il nous a été signalé près d’une dizaine de candidats refoulés par les organisateurs d’examens, en application de cette décision ministérielle. Le sort de ces élèves et de bien d’autres à travers le pays est scellé tout au moins pour cette année scolaire 2005-2006. Moins de douze heures avant le baccalauréat de l’enseignement général avec à la même date le lancement des épreuves du probatoire technique, les élèves sont à nouveau autorisés à composer sur présentation du récépissé. Reculade spectaculaire ! Le chien retourne à son vomissement dirait-on. La nouvelle n’est parvenue à certains candidats que le lendemain en mi-journée. De mes yeux j’ai vu bon nombre d’entre eux accourir vers les centres d’examens autour de huit heures et trente minutes, soit une heure après le début des examens. Comme il fallait s’y attendre, ils ont été priés d’aller voir ailleurs, sous le prétexte que quinze minutes après le début des examens, aucun candidat retardataire ne pouvait plus être admis en salle. Que de candidats désemparés ! Que de parents désabusés ! Que d’avenir gâché ! Une année scolaire, deux décisions contraires !
En attendant le lancement de nouvelles épreuves (brevet d’études primaires et probatoire de l’enseignement général) une décision contradictoire peut encore tomber comme un couperet, sait-on jamais. Quelques soient les arguments ayant conduit à la suspension des récépissés, cette mesure engendre pas mal de questions. Ne fallait-il pas attendre ? Pouvait-on prendre conscience des enjeux et des conséquences à plus ou moins long terme ?